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mardi 10 mars 2020

Finexpay simplifie le paiement différé B2B

Finexpay
En droite ligne de sa mission historique de simplifier le financement des factures pour les petites entreprises, Finexkap ajoute une nouvelle corde à son arc. Avec Finexpay, sa solution devient maintenant accessible sur le point de vente, physique ou en ligne, pour le plus grand bonheur des commerçants et de leurs clients professionnels.

D'ores et déjà adoptée par le grossiste Metro, le géant de l'intérim Adecco et les plates-formes de freelances Malt et et Comet, la nouvelle option possède en effet un double avantage : d'un côté, elle permet aux utilisateurs de ces services de bénéficier, s'ils le souhaitent, d'un délai de paiement sur leurs achats (jusqu'à 90 jours supplémentaires), tandis que, de l'autre, elle garantit au vendeur un règlement immédiat (enfin… sous 24 heures). Finexpay est donc l'amortisseur de trésorerie des échanges B2B !

Afin de convaincre ses futurs partenaires, la startup, fidèle à ses principes fondateurs, leur promet un dispositif à la fois complet et facile à implémenter. Le produit financier mis à leur disposition comprend non seulement l'avance de paiement (l'affacturage proprement dit) mais également l'assurance-crédit et la gestion du recouvrement, pour une tranquillité d'esprit maximale. Quant à la mise en œuvre, à base d'API conçues par des spécialistes, elle est en outre pré-intégrée avec les outils courants (Marjory, Stripe, LemonWay…).

Finexpay – Respirez et payez plus tard vos achats d'aujourd'hui !

Naturellement, l'expérience se veut la plus fluide possible aussi pour l'acheteur. La première étape consistera pour lui à procéder à son enregistrement, par l'intermédiaire d'un court questionnaire destiné à établir son profil de risque. Une fois cette formalité accomplie, il n'a plus, au moment de passer à la caisse – physique ou virtuelle – d'un marchand partenaire, qu'à sélectionner l'option de règlement différé, qui se matérialisera par un prélèvement automatique 90 jours après l'échéance normale.

Si les facilités de paiement à destination du grand public se sont démocratisées, avec des approches toujours plus transparentes et sans friction, les professionnels restent à l'écart de la tendance. Pourtant, l'opportunité de développement du chiffre d'affaires constitue un puissant levier pour les fournisseurs des deux mondes. Mais il n'est pas le seul. Ici, se jouent également des enjeux de gestion de trésorerie des TPE et PME, particulièrement sensibles sur leurs approvisionnements, et d'accélération des encaissements des commerçants B2B, souvent contraints par les modes de facturation classiques.

lundi 9 mars 2020

ZenGo crée le compte d'épargne en cryptodevise

ZenGo
L'évolution prend plus de temps que je ne l'aurais imaginé mais, progressivement, un véritable écosystème est en train de se constituer autour des cryptodevises. Ainsi, après les porte-monnaie aux multiples variantes, les plates-formes d'investissement, les solutions de crédit…, apparaissent maintenant des comptes d'épargne à intérêts.

Dans une probable volonté de différenciation concurrentielle au sein d'un marché plutôt encombré, l'israélienne ZenGo ajoute ainsi à son « wallet » mobile plusieurs possibilités de faire fructifier les avoirs disponibles en bitcoin, ether… Celles-ci se présentent comme des produits d'épargne classiques, avec des taux de rendement parfois attractifs (variables), des fonctions de suivi (en temps réel) dans l'application, et autorisant l'utilisateur à effectuer des dépôts et des retraits à sa convenance.

En arrière-plan, différents mécanismes sont mis en œuvre pour générer les intérêts promis. Le plus simple reproduit plus ou moins fidèlement le modèle traditionnel des banques, sous un format décentralisé : par l'intermédiaire du protocole Compound, les détenteurs de fonds peuvent participer à des réserves de liquidité qui sont ensuite mises à disposition d'emprunteurs qualifiés. Ce n'est qu'une déclinaison dans l'univers des monnaies virtuelles du vieux concept de financement du crédit par les dépôts.

Une autre option, reposant sur les propriétés exclusives de certaines blockchains (Tezos, notamment), consiste à partager les tokens détenus afin de contribuer au fonctionnement de ces systèmes – ceux-ci exploitant un principe de preuve d'enjeu, à travers laquelle l'enregistrement des transactions est certifié par les participants capables de démontrer leur détention d'une certaine quantité de la monnaie gérée – et en percevoir les revenus dérivés, à savoir les commissions (éventuelles) sur les mouvements.

Zengo sur iPhone

Composant après composant, un environnement financier parallèle se développe de la sorte sur les fondations des cryptodevises, combinant des pratiques ancestrales avec des approches radicalement nouvelles, le tout constituant un ensemble de plus en plus cohérent et, surtout, extraordinairement efficace d'un point de vue technologique et opérationnel, grâce à l'automatisation native et sécurisée de tout ce qui peut l'être dans des métiers encore largement dominés, aujourd'hui, par des interventions humaines.

Il ne fait guère de doute que ces progrès, surtout quand ils touchent à des domaines aussi sensibles que l'épargne et le crédit, risquent de renforcer la nervosité des régulateurs, dans le monde entier. Il serait pourtant intéressant que les autorités et les dirigeants d'institutions financières se penchent attentivement sur ces innovations, ce qui leur permettrait de mieux comprendre les frictions existantes dans leur processus et, peut-être, d'imaginer des solutions (sans obsession pour l'outil sous-jacent, la blockchain).

dimanche 8 mars 2020

À quoi servent les assistants vocaux ?

Forrester
Pour un nombre croissant d'observateurs, les assistants vocaux représentent l'interface incontournable des services numériques de demain. Pourtant, quand les analystes de Forrester se penchent sur les usages courants, il faut se rendre à l'évidence : les interactions avec ces outils, sous toutes leurs formes, restent anecdotiques.

Après avoir vécu l'explosion des applications mobiles, souvent à retardement, les entreprises sont désormais à l'affut de la prochaine mutation susceptible d'affecter les pratiques des consommateurs. La popularité des plates-formes telles que Siri (Apple), Google Assistant, Amazon Alexa… et leurs incarnations matérielles (Amazon Echo, Google Home…) laisse entrevoir la réponse à leurs interrogations. Encore faudra-t-il apprendre à exploiter ces technologies pour répondre aux besoins des utilisateurs.

Ainsi, si les « enceintes intelligentes », en particulier, sont promises à une adoption rapide, autant en Amérique qu'en Europe, les solutions logicielles installées sur les smartphones rassemblent l'essentiel des conversations. D'autre part, il ressort clairement de l'enquête menée par Forrester que les assistants vocaux sont presque exclusivement réservés à des tâches basiques, qui se résument à une réponse directe à une question simple, à l'instar de la consultation de la météo, la plus répandue de toutes.

Même la commande de produits en ligne s'avère peu fréquente (elle concerne un utilisateur sur 20, selon l'étude portant sur le marché américain) et, plus généralement, tous les traitements un tant soit peu complexes – recherche d'information, suivi des factures, paiement… – sont relativement rares, sans perspective d'évolution significative à court terme. Les marques qui désirent capitaliser sur une tendance émergente ont donc encore énormément de travail devant elles pour séduire leurs clients sur ce domaine.

Les freins à lever sont nombreux. Forrester souligne d'abord la friction de mise en œuvre initiale : avant de profiter d'une « expertise » spécifique (par exemple celle de la banque), le consommateur doit installer une application sur son enceinte et il n'est pas aisé de l'inciter à le faire. Ce handicap n'est, en réalité, qu'une prolongation de celui observé avec les logiciels mobiles, dont une toute petite minorité (notamment ceux de quelques géants incontournables) concentre l'immense majorité des accès.

Il convient en outre d'évoquer les limitations de la technologie, du moins telle qu'elle est disponible aujourd'hui. Les capacités réduites de compréhension et d'interprétation des subtilités du langage et, surtout, l'extraordinaire difficulté pour les systèmes de prendre en compte le contexte profond d'une conversation naturelle, avec ses constantes références implicites ou ses allers-retours incessants d'une idée à l'autre, rend vite l'expérience frustrante, dès qu'il s'agit d'aller plus loin que de poser une question binaire.

En conséquence, les entreprises qui veulent s'emparer du support vocal pour se rapprocher de leurs client ont deux chantiers prioritaires à lancer. En premier lieu, elles doivent s'attacher à identifier les circonstances dans lesquelles une interaction par la parole apporte un bénéfice distinctif, particulièrement face aux applications mobiles. Puis il faut vérifier si les cas d'usage retenus sont réalistes avec les technologies actuelles, du point de vue de l'utilisateur final et de sa perception de la qualité du service offert.

Amazon Echo

samedi 7 mars 2020

Nouveau front de concurrence pour la banque

Wells Fargo
Cinq ans après le lancement d'Apple Pay, apparaissent les premiers signes sérieux d'une généralisation des usages des porte-monnaie virtuels proposés par les géants technologiques. La toute dernière initiative concoctée par Wells Fargo illustre l'impact de cette évolution sur les pratiques des banques en vue de fidéliser leur clientèle.

L'opération n'est vraisemblablement que la première d'une série qui pourrait se transformer rapidement en guerre impitoyable. L'établissement promet un crédit de 5 dollars aux personnes qui sélectionnent leur carte de débit de la marque comme moyen de paiement par défaut sur Apple Pay, Google Pay ou Samsung Pay. Afin d'obtenir la prime, il leur suffit d'effectuer un retrait avec leur téléphone sur l'un des 5 000 distributeurs Wells Fargo (qui acceptent les transactions sans contact depuis 2017).

Dans un pays où, selon le cliché habituel (et souvent caricaturé), les portefeuilles des consommateurs débordent de cartes en tout genre (crédit, débit, privative, affinitaire…), l'enjeu est évidemment pour chaque émetteur de prendre la première place dans le cœur et dans les achats du porteur. Or, contrairement à leurs versions en plastique, facilement interchangeables au moment de régler une emplette, celles qui sont configurées sur le smartphone se font aisément oublier, jusqu'à disparaître.

Google Pay Wells Fargo

Dans ces conditions, convaincre l'utilisateur de choisir une carte en particulier, à un instant donné, constitue une assurance que celle-ci va prendre en charge les dépenses à venir. Naturellement, l'effet sur la fidélité n'aura qu'une durée limitée, jusqu'au prochain changement de préférence, ce qui pourrait créer une drôle de valse si la mode des récompenses se répand. Notons toutefois que le recours au GAB dans le processus peut aussi avoir vocation à induire l'habitude d'utiliser le porte-monnaie Wells Fargo virtuel.

Le déploiement apparemment expérimental du dispositif – l'offre étant pour l'instant exclusivement réservée aux clients qui reçoivent une invitation spécifique – dénote probablement une volonté d'évaluer si le jeu en vaut la chandelle, à savoir si le montant investi dans le but d'influer sur les comportements est justifié par le surcroît de chiffre d'affaires généré par la suite (via les commissions d'interchange) ou, à tout le moins (mais beaucoup moins mesurable), par le renforcement de la relation.

En synthèse, la dématérialisation des instruments de paiement exige une approche marketing radicalement nouvelle, qui s'accommode de deux phénomènes simultanés et contradictoires : le principe de la carte par défaut, utilisée sans y penser, et la facilité avec laquelle elle peut être remplacée par une concurrente. Soulignons enfin que ces problématiques, critiques pour les banques américaines, guettent aussi leurs consœurs françaises, la multibancarisation de la population étant en forte progression.

vendredi 6 mars 2020

Quand Facebook met son code à la poubelle

Facebook Messenger
Née il y a moins de 10 ans et régulièrement enrichie au fil du temps, l'application Messenger était devenue une sorte de monstre de plus d'1,7 million de lignes de code (dans sa version iOS). Les ingénieurs de Facebook ont donc décidé de la ré-écrire entièrement. Quels enseignements tirer d'une telle stratégie de modernisation ?

Les programmes informatiques sont un peu comme des être vivants. Au tout début, ils émergent d'une idée (la cellule souche ?), qui se matérialise sous la forme d'une série d'instructions ésotériques saisie au clavier, jusqu'à devenir un ensemble cohérent et opérationnel. Puis ils continuent à prendre du poids, souvent utile (la masse musculaire) mais parfois superflu (la graisse), le tout s'accumulant presque en permanence. Enfin, un jour, l'organisme s'essouffle, cesse de fonctionner… et s'éteint doucement.

Dans le cas de Messenger, lancé en tant qu'application indépendante en 2011, la croissance a été fulgurante, avec l'ajout de multiples fonctionnalités en peu de temps. La conséquence de cette évolution rapide est un système devenu prématurément surchargé, complexe, rigide… en un mot, obsolète. Dans ce genre de circonstances, qu'elles surviennent tôt ou tard, la seule décision qui s'impose est la mise à la retraite et le remplacement par un nouveau logiciel, tout neuf, tout frais, optimisé, à l'état de l'art.

Or, pour évident que paraisse ce raisonnement, il n'en reste pas moins extrêmement difficile à mettre en œuvre dans la plupart des entreprises. En effet, plus le bébé prend de l'âge et de l'embonpoint, plus ses géniteurs et tous ceux qui l'ont nourri sont réticents à l'envoyer au rebut, surtout quand ils considèrent les coûts, les efforts et les risques importants que représente la création d'une solution de substitution, en repartant de zéro. Voilà pourquoi la démarche de Facebook constitue un exemple digne d'intérêt.

Ré-écriture de Facebook Messenger

Le vrai défi est d'abord de prendre conscience du vieillissement de l'existant. À le voir opérer quotidiennement, il donne l'impression d'être aussi performant qu'aux premiers mois. Pourtant, le temps fait son œuvre, sournoisement, face auquel l'arrivée d'un successeur agit comme une révélation. Ainsi, avec Messenger, 1,7 million de lignes de code ont été réduites à 360 000, l'application est plus compacte, plus simple (d'un point de vue architectural) et beaucoup plus rapide, pour le bénéfice de tous.

En arrière-plan de l'initiative, il n'est pas uniquement question d'optimiser le logiciel à un instant donné. L'enjeu est également de lui redonner la capacité de s'adapter à un contexte qui change et d'évoluer de manière souple et efficace. Grâce à la remise à plat, il redevient facile de modifier les fonctions offertes ou d'en introduire d'autres, et encore plus quand les leçons sont tirées des erreurs du passé et que des mécanismes (et, pour Facebook, des ressources) sont en place afin de garantir cette flexibilité.

Dans tous les grands groupes ayant entamé leur informatisation dans les années 70-80, survivent des applications critiques datant de 20 ans ou plus. Peut-être n'ont-elles pas grandi aussi vite que celles de Facebook mais il est certain qu'elles ont subi une litanie de mises à jour qui les ont rendues progressivement inefficaces. J'encourage leurs responsables, même s'ils sont convaincus qu'elles ne sont pas dépassées, même s'ils ont l'impression qu'elles sont performantes, à envisager de les remplacer : vous serez surpris des gains obtenus et vous ne regretterez pas votre investissement !

jeudi 5 mars 2020

Vous aimez la DSP2 ? Vous adorerez la suite !

Europe
Alors que les dispositions de la directive DSP2 concernant le partage de données et services des comptes de paiement ne sont toujours pas effectivement mises en œuvre et que les institutions financières peinent encore à en percevoir la valeur, la commission européenne envisage d'ores et déjà une généralisation de la « finance ouverte ».

Toujours sous le choc de leur obligation de rendre une partie de leurs systèmes accessibles à des partenaires et concurrents potentiels, sur demande de leurs clients, les banques françaises (comme, probablement, toutes leurs consœurs du continent) s'inquiètent depuis quelque temps du risque que le régulateur aient des velléités d'extension du principe à l'ensemble de leurs activités. Bien évidemment, la question n'était pas de savoir s'il allait se réaliser, mais quand. Et l'échéance approche, donc.

C'est à l'occasion d'une conférence sur la réglementation de la FinTech, organisée par le cabinet de conseil spécialisé Afore Consulting, que Valdis Dombrovskis, vice-président exécutif de la commission européenne, a affirmé ces nouvelles orientations : élargir la démarche engagée avec la DSP2 à d'autres secteurs afin de favoriser l'innovation, multiplier les options disponibles pour les consommateurs, réduire les coûts et stimuler la concurrence. Le programme initié en 2007 touchera tous les services financiers.

Demain, même si on peut imaginer que l'évolution sera progressive, il ne s'agira donc plus seulement de mettre à disposition de tiers les informations de transactions de paiement mais également celles des crédits en cours, des portefeuilles d'actifs, des comptes d'épargne en tout genre, des contrats d'assurance… La seule concession – mineure – accordée face aux plaintes véhémentes exprimées par l'industrie à l'occasion de la promulgation de la DSP2 est l'application d'une équivalence pour tous les intervenants, dont, en particulier, les géants technologiques : à risque égal, règles identiques.

Valdis Dombrovskis

Avec sa feuille de route, qui pourrait s'avérer agressive, l'Europe veut s'imposer comme leader mondial dans la tendance vers la finance ouverte. Ainsi que l'ont démontré les hésitations et les hoquets de la directive des services de paiement, par exemple en comparaison de l'approche américaine, il n'est pas certain que l'obligation réglementaire soit le meilleur moyen de faire émerger l'avenir (inéluctable) du secteur. Peut-être les autorités devraient-elles adopter une posture plus pédagogique. Toujours est-il que les institutions, désormais averties, devraient se préparer dès maintenant.

L'enjeu ne sera pas « simplement » de prévoir le déploiement d'API permettant l'accès aux données. Plus que jamais il va être nécessaire, dans chaque banque, dans chaque compagnie d'assurance, de remettre à plat les modèles en vigueur, de redéfinir les priorités, de s'interroger sur les méthodes de distribution, de repositionner les propositions de valeur… et d'apprendre à développer des collaborations profondes, parfois hors de l'univers de la finance, soit pour composer une offre qui réponde mieux aux attentes des clients, soit pour insinuer les produits et services au cœur de leurs expériences.

mercredi 4 mars 2020

Santander part à l'assaut de TransferWise

PagoFX
En moins de 10 ans, TransferWise s'est taillée une place enviable sur le marché des transferts d'argent internationaux sans que les acteurs historiques ne réagissent, hormis les quelques établissements (dont BPCE) qui ont signé des partenariats avec elle. Santander sera donc la première banque à se lancer dans une concurrence frontale.

Il en aura fallu du temps, pour qu'une institution financière se rende finalement compte que les milliards d'euros échangés sur la plate-forme de TransferWise (5 milliards par mois, à ce jour) représentent une sérieuse menace sur une source de revenus « confortable » ! Suffisamment, en tous cas, pour que l'hypothèse d'une acquisition de la startup, désormais profitable, n'apparaisse plus très réaliste. Alors il ne reste qu'une solution : bâtir un clone et tenter de défendre sa différence. Voilà PagoFX.

Dès la page d'accueil du service, qui devrait être ouvert officiellement à partir du printemps, le ton est donné : nous avons affaire à une copie fidèle de TransferWise (cf. image en fin d'article), dans la présentation comme dans l'accroche principale. La première promesse faite aux clients est d'envoyer de l'argent à l'étranger à coût réduit (quoique légèrement supérieur chez PagoFX, au moment où je rédige ces lignes) et transparent, avec un affichage clair des commissions et du taux de change appliqués.

Là où la banque veut se démarquer est plutôt dans la deuxième partie de la proposition de valeur. Depuis toujours, TransferWise met en avant la rapidité de ses opérations et, s'il faut en croire les commentaires partagés sur les réseaux sociaux, la possibilité de finaliser un transfert, de bout en bout, en quelques minutes constitue un avantage extrêmement apprécié de ses utilisateurs. De son côté, PagoFX n'évoque jamais le sujet, laissant imaginer des délais de réception classiques, mesurés en jours.

Accueil PagoFX

En revanche, l'argument choc de la nouvelle venue est la confiance que doit susciter dans le grand public sa filiation avec une grande institution financière et la garantie de sécurité qu'elle implique automatiquement. Le lancement initial au Royaume-Uni, où TransferWise bénéficie déjà d'une grande notoriété, sera un test intéressant de la portée réelle d'une telle ligne de communication. En attendant, le même héritage crée une friction au niveau du processus d'inscription, dans lequel la vérification d'identité est systématique (quand sa rivale ne la déclenche qu'au-delà d'un certain montant).

Si on peut lui reprocher d'avoir tardé à reconnaître le danger qui la guettait depuis des années, la stratégie de Santander est (évidemment) légitime et il est parfaitement envisageable qu'elle réussisse effectivement à enrayer le déclin de son activité de transferts internationaux. Afin de compléter l'analyse, notamment dans sa dimension d'efficacité (quel serait l'intérêt de développer un nouveau service non rentable ?), il reste maintenant à nous pencher sur la démarche de conception de PagoFX.

Dans une aventure aussi incertaine, à l'heure où tous les grands groupes vantent leur agilité et leur capacité à adopter les pratiques des startups (surtout dans les cas de création d'une marque indépendante), on aurait pu penser que la banque prendrait grand soin de s'inspirer aussi des débuts modestes de TransferWise. Or il semblerait que les vieux démons aient pris le dessus, avec une équipe de 50 personnes et un inévitable groupe de consultants, planchant sur le projet depuis environ 18 mois…

À l'arrivée, il reste une solution d'échanges transfrontaliers économique et à l'expérience utilisateur modernisée, mais reposant apparemment sur un socle traditionnel (et non un système optimisé tel que celui mis en œuvre par Transferwise), avec ses coûts incompressibles, et pour laquelle de lourds investissements ont été engagés. Difficile dans ces conditions de discerner quand et comment PagoFX deviendra rentable… Ajoutons à ce panorama la réticence instinctive à mettre fin à une expérimentation, directement proportionnelle à son budget, et nous obtenons une recette explosive.

Comparaison des pages d'accueil de PagoFX et TransferWise