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mardi 17 mars 2020

Monzo lance une offre entreprise

Monzo
Après une première vague focalisée sur la réinvention des services aux particuliers, la FinTech se découvre, depuis quelques mois, une passion pour les petites entreprises. Monzo est la dernière néo-banque en date à ouvrir ses horizons et elle démontre brillamment comment ses recettes, concoctées pour le grand public, y font merveille.

La nouvelle offre Monzo Business – dont on peut au passage remarquer que sa maturité dès le démarrage révèle l'abandon d'un certain esprit startup, avec ses itérations expérimentales courtes – est en effet principalement une déclinaison de celle destinée aux consommateurs, dans laquelle les fonctions existantes sont simplement présentées ou appliquées dans un contexte professionnel. En fait, il est même proposé une version (d'appel) gratuite, qui s'abstient de cette adaptation tout en restant pertinente.

Attardons-nous un instant sur la plus complète, disponible pour 5 livres par mois et dont la spécificité la plus visible est de supporter un accès multi-utilisateurs. Surtout, comme il se doit de nos jours, elle ne se circonscrit pas à un périmètre strictement bancaire. Elle intègre donc les outils essentiels du responsable d'entreprise, afin de lui faciliter la vie au quotidien : un module de facturation et une interface directe et automatisée avec les plates-formes de comptabilité les plus populaires (et un essai gratuit de Xero).

Mais, finalement, une grande partie de la valeur de Monzo Business provient d'abord des petits plus qui font la différence depuis des années dans la solution mise à disposition du grand public. Ainsi, les beta-testeurs qui en bénéficient depuis plusieurs mois, notamment les travailleurs indépendants, expriment leur grand intérêt pour les notifications instantanées de mouvements sur leurs comptes, qui leur permettent d'être toujours au fait de leurs rentrées et sorties d'argent et, plus généralement, de leur situation.

Monzo Business

Autre exemple, plus représentatif, les cagnottes destinées à mettre des réserves de côté pour des objectifs divers et variés, qui restent actives sous forme générique, sont également mises en œuvre pour la gestion des taxes : l'entrepreneur a de la sorte la possibilité de bloquer (virtuellement) un pourcentage à sa convenance de tous les revenus enregistrés sur son compte, en prévision de ses futurs règlements de charges et autres impôts. On peut juste regretter qu'un calcul automatique ne soit pas prévu.

Plus que son produit, c'est la démarche de Monzo qu'il semble utile de souligner ici. En effet, c'est en partant du constat trivial mais trop souvent perdu de vue de la similitude des comportements et des attentes entre les consommateurs et les dirigeants de petites entreprises – ou, plus précisément, entre le suivi des finances personnelles et le pilotage de la trésorerie de PME – que la jeune pousse fait émerger une offre réellement adaptée aux besoins de ces derniers. La preuve est faite, encore une fois, qu'il suffit de placer le client au cœur des préoccupations pour concevoir une meilleure solution…

lundi 16 mars 2020

Une IA pour rendre la banque personnelle

Tandem
La jeune pousse britannique Tandem n'est pas la seule à promettre de déployer des capacités d'intelligence artificielle afin de prodiguer des conseils personnalisés à ses clients. Elle se démarque tout de même en positionnant clairement son approche en réponse aux déficiences de plus en plus criantes des établissements traditionnels.

Conçue et développée par le responsable des données de la startup, Noam Zeigerson, la conseillère virtuelle Ada s'appuie, selon lui, sur des centaines d'algorithmes (à base d"apprentissage automatique ?) pour analyser en continu les dépenses et les rentrées d'argent sur les comptes des utilisateurs de ses applications, quelle que soit la banque dans laquelle ils sont détenus, grâce à l'outil d'agrégation intégré, et en déduire des prédictions de flux de trésorerie, de dépenses et de disponibilités à un mois… ou un an.

Ces informations, qui, par elles-mêmes, fournissent déjà un aperçu plus convaincant de leur situation aux consommateurs, sont ensuite exploitées dans le but d'accompagner leurs décisions en matière de crédit et d'épargne. L'architecte de la plate-forme ne livre pas de détails sur cet aspect, mais il est illustré, par exemple, par une des fonctions mises en avant par la marque, qui permet de constituer une réserve selon différent modes, dont l'un reposant sur l'évaluation automatique des sommes sûres à mettre de côté.

Tandem AutoSavings

En arrière-plan du dispositif, Tandem dresse un constat, simple et évident : à la croisée (cumulative) de la perte généralisée du contact personnel dans les institutions financières historiques et de la migration massive des usages courants vers des interactions numériques, l'intelligence a quasiment disparu de la relation bancaire. Face à une telle lacune, Ada représente un moyen moderne de la ré-introduire, en profitant des progrès technologiques pour la rendre simultanément plus efficace et plus abordable.

C'est une réalité incontournable : l'interlocuteur humain, qui ne rencontre plus chacun des clients de son portefeuille qu'une ou deux fois par an, en moyenne, et qui n'est pas encore équipé des solutions d'analyse de données susceptibles de combler son ignorance profonde du contexte, des préférences et des attentes de ces personnes qu'il ne connaît pas, n'est guère en mesure de remplir le rôle de conseil qui lui est pourtant dévolu (par son titre !) et il se transforme alors, contre toute bonne volonté, en vendeur de produits.

Dans ces conditions, il ne fait aucun doute que l'intelligence artificielle, capable d'absorber de vastes quantités d'information et de les transformer en recommandations ciblées, va prendre l'avantage (pour autant que ce ne soit pas encore le cas). Et une fois cette « singularité » technique franchie, pourquoi faudrait-il donc croire que l'étape suivante, qui verrait les assistants virtuels maintenant dotés de qualités émotionnelles et capables de se substituer entièrement à un être vivant, n'est pas envisageable ?

dimanche 15 mars 2020

Aion, toute la banque pour 19€ par mois

Aion
Reprise l'année dernière par le fonds d'investissement américain Warburg Pincus, l'ancienne filiale de Monte dei Paschi di Sienna en Belgique revient, sous le nom Aion, avec une promesse radicale : tous les produits et services d'une banque de haut de gamme – et plus encore – pour 19 euros par mois, tout, absolument tout, compris.

S'il peut paraître élevé au premier abord, ce prix s'accompagne d'un programme résolument incomparable : côté financier, outre le compte à vue et l'application mobile destinée à en piloter tous les aspects, il comprend une carte de débit multi-devises sans frais de change, l'intégration avec Apple Pay et Google Pay, une palette de solutions d'épargne (réglementée, à terme…), un robot-conseiller sans commissions pour les investissements, une réserve de trésorerie disponible à tout moment…

Ces multiples options font déjà ressortir une certaine originalité dans leur mise en œuvre. En particulier, la recherche des meilleurs rendements conduit Aion à mettre en concurrence – grâce à des algorithmes d'intelligence artificielle, affirme-t-elle dans un probable emballement médiatique… – les produits d'épargne de 27 banques belges, dont elle propose la souscription entièrement en ligne (quand elle ne se contente pas d'aligner les taux d'intérêt de ses propres offres sur le plus performant).

Également inclus dans l'abonnement, une série de services extra-bancaires complète le panorama : une plate-forme de conciergerie, accessible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 pour prendre en charge des emplettes de dernière minute ou la planification d'un voyage, par exemple, et un outil d'optimisation d'abonnements (d'énergie, de téléphonie…), capable de trouver le fournisseur le plus économique et, le cas échéant, de gérer la migration, tout en reversant au client la totalité des rétributions de référencement.

Aion – A new way of banking

Au-delà de la richesse de son offre, ce qui différencie vraiment Aion de toutes les néo-banques du moment est son obsession absolue de la transparence. Elle fait ici la démonstration de la distinction essentielle à faire entre un prix bas (à l'image des forfaits à 2 euros du marché français) – qui laisse toujours la porte ouverte à la tentation de vendre des produits supplémentaires, rémunérateurs, sans se préoccuper de leur valeur et de leur intérêt pour le client – et une solution complète, chère mais sans surprise.

Naturellement, le parti pris reste extrêmement difficile à défendre face aux comptes « gratuits » qui s'affichent (en grand) un peu partout. Alors Aion propose aussi un point d'entrée à moindre fais dans son univers, composé d'un sous-ensemble de son catalogue, ainsi qu'un essai gratuit de 3 mois, qui peut s'avérer d'autant plus convaincant que la plupart des services expriment tout leur potentiel indépendamment du fait que l'utilisateur ait choisi de faire de la nouvelle venue son établissement principal ou pas.

Pour toutes ses qualités, Aion n'en est pas pour autant exempte de défauts. Le plus criant est le problème d'exécution que semblent révéler les commentaires catastrophiques sur les AppStores : les plus belles promesses sont vaines si l'application mobile, le cœur du dispositif, ne fonctionne pas. Enfin, plus fondamentalement, il faut en outre souligner sa vision tristement classique de la banque, centrée sur les produits, sans prise en compte des attentes profondes et du contexte des clients… Si la transparence devient essentielle, elle ne constitue pas la seule exigence des consommateurs du XXIème siècle.

samedi 14 mars 2020

En attendant une vraie identité numérique…

RBC
Sous prétexte d'accélérer les démarches de l'entrée en relation pour ses clients, mais plus vraisemblablement dans le but primaire de réduire les risques d'usurpation d'identité, RBC met en place un nouveau système de contrôle dans ses agences. À y regarder de près, on finit tout de même par s'interroger sur les bénéfices réels de l'initiative…

L'idée de départ paraît pourtant sensée, même si elle n'a rien de révolutionnaire. En capitalisant sur les progrès constants des technologies de reconnaissance d'images et sur la généralisation progressive des passeports électroniques (lisibles via un capteur NFC), il s'agit tout simplement de capturer automatiquement et instantanément les informations essentielles sur la personne qui désire ouvrir un compte, à partir des pièces justificatives qu'elle présente, tout en garantissant l'authenticité de ces dernières.

En revanche, ce qui surprend est que cette approche soit mise en œuvre dans le cadre de l'entrée en relation « physique » et par l'intermédiaire de l'application mobile bancaire destinée au consommateur. C'est donc pendant le cours de son entretien face à face avec le conseiller que le futur client est invité à vérifier son identité sur son téléphone – sur lequel il devra avoir préalablement installé et configuré le logiciel – par photographie de son permis de conduire ou de son passeport (ou par lecture de la puce de celui-ci).

La procédure est loin d'être optimale. D'une part, les pré-requis à son déroulement fluide, imposés au client, ont en effet tendance à annihiler les avantages de rapidité et de fiabilité de collecte des informations personnelles. D'autre part, les gains en termes de sécurité ne semblent pas si importants qu'ils légitimeraient le surcroît d'efforts demandés, sauf à considérer que les conseillers de la banque ne remplissent pas leur rôle de validation des documents (pris en charge, de toutes manières, seulement pour les cas de falsifications et non pour l'usurpation d'identité, qui reste dévolue à l'humain).

Le principe retenu serait considérablement mieux adapté à l'ouverture de compte sur mobile, qu'esquisse RBC pour l'été à venir, une fois ajoutée une fonction supplémentaire de contrôle par égoportrait (selfie), et qui est déjà largement répandue parmi les néo-banques. Mais c'est un révélateur des habitudes immuables du secteur que de toujours placer la priorité sur le réseau d'agences, quitte à y déployer un dispositif qui n'y a pas sa place, jusqu'à nuire à l'expérience client, en prétendant apporter un meilleur service.

RBC

vendredi 13 mars 2020

Credit Sesame se lance dans la banque

Credit Sesame
Lancé en 2010, le pionnier de la santé financière Credit Sesame, devenu profitable en 2016, a conquis 15 millions d'américains avec ses solutions d'optimisation de leurs conditions de crédit, et ce nombre croît régulièrement. En vue de développer son champ d'action, il entend désormais combiner son expertise avec une offre bancaire.

Jusqu'à maintenant, la jeune entreprise restait exclusivement focalisée sur son activité d'origine et ses multiples ramifications : via une connexion à des fournisseurs spécialisés, elle propose à toute personne d'obtenir une vue consolidée de ses dettes, sous toutes leurs formes, et de son score de crédit, à partir de laquelle elle suggère des stratégies d'amélioration, passant par le partage de bonnes pratiques, des conseils personnalisés et des recommandations de produits (prêt hypothécaire, refinancement d'emprunt…).

Avec l'introduction de Sesame Cash, elle veut maintenant établir une passerelle entre cette approche et la gestion des flux au quotidien, c'est-à-dire entre le crédit et les liquidités, qui sont aujourd'hui largement considérés comme des domaines distincts, accompagnés par des outils indépendants. Au premier abord, sa réponse prend l'apparence d'une néo-banque classique, avec une carte de paiement, des notifications instantanées, le versement de salaire avancé, la gratuité des opérations courantes…

Mais, derrière ces caractéristiques un peu banales, Credit Sesame marque donc sa différence par l'intégration intime de la dimension du crédit. Qu'on se rassure, il ne s'agit pas uniquement de présenter un état financier complet au sein de l'application mobile, avec les emprunts en cours, les soldes de cartes ou le score de crédit. Il est surtout question d'analyser en profondeur la situation et le comportement de l'utilisateur afin de lui prodiguer des conseils de santé financière encore plus pertinents.

Sesame Cash

Le principe agit selon deux axes complémentaires. D'une part, les dépenses de tous les jours, la gestion des revenus, les gestes d'épargne… contribuent dans une très large mesure, évidemment, aux besoins de financement et, à ce titre, influent fortement sur la maîtrise du crédit. D'autre part, la connaissance des circonstances qui amènent à solliciter un prêt ou à accumuler une dette sur une carte, par exemple, représente potentiellement un facteur important dans la sélection d'une solution adaptée.

L'initiative de Credit Sesame est probablement née, au moins en partie, de l'émergence d'une impasse dans son évolution : ses utilisateurs améliorent réellement leur statut vis-à-vis du crédit, jusqu'au point où il n'ont plus guère de progrès à accomplir. La startup doit alors imaginer l'étape d'après, celle qui va lui permettre de maintenir l'engagement de ses clients les plus anciens, les plus satisfaits et les plus fidèles. Son choix porte clairement sur l'immersion contextuelle du conseil au cœur du compte bancaire… en profitant des lacunes de plus en plus flagrantes des acteurs historiques en la matière.

jeudi 12 mars 2020

Standard Chartered lance sa banque en service

Standard Chartered
L'idée que la banque de demain se trouvera enfouie dans les expériences du quotidien n'est encore qu'une anomalie imperceptible dans le paysage mondial du secteur mais elle continue à progresser pas à pas. Avec le lancement officiel de son initiative « nexus », Standard Chartered est un autre grand nom qui se rallie à la tendance.

Validée par la signature d'un premier partenariat avec une enseigne majeure du commerce en ligne indonésien, qui devrait se matérialiser en 2021, après validation réglementaire, cette future plate-forme de « banque en service » a vocation à permettre aux acteurs économiques des domaines les plus en pointe d'offrir à leurs clients les services financiers – solutions de paiement, cartes de crédit, prêts, produits d'épargne… – dont ils ont besoin, au moment et sur le lieu où ils en ont besoin.

La création de « nexus » répond simplement à une vision de ses métiers que Standard Chartered dérive de son expérience concrète dans de nombreux pays émergents, en Asie, en Afrique et au Moyen-Orient. Elle observe un développement extrêmement rapide de modèles « digitaux » d'entreprise, qui requièrent, pour un fonctionnement optimal, l'accès à des outils financiers encore peu répandus parmi les populations. Le plus sûr moyen de conquérir celles-ci est d'aller à leur rencontre, au cœur de leurs parcours.

Pour les millions de personnes qui n'ont pas dans leur culture de se rendre dans une banque (physique ou virtuelle), qui n'en connaissent pas les offres et qui n'en perçoivent pas l'utilité (parce qu'elle en sont écartées), il sera beaucoup plus naturel d'ouvrir un compte ou de souscrire un crédit dans l'environnement où elles ont leurs habitudes, où elles se sentent en confiance : les sites de e-commerce, les réseaux sociaux, les fournisseurs de nouvelles mobilités (ce n'est pas un hasard si Grab bâtit sa banque)…

Accueil Standard Chartered

L'enjeu pour Standard Chartered est donc, explicitement, d'atteindre les individus non équipés, qu'elle ne sait pas séduire directement, et d'étendre de la sorte son portefeuille de clientèle. Bien entendu, les institutions des pays développés n'ont pas d'opportunités d'une telle ampleur. Elles seraient pourtant mal inspirées d'ignorer totalement l'exemple donné. D'une part, il existe partout une forte proportion d'individus mal servis, négligés, prêts à se tourner vers des alternatives qui les aideraient sérieusement.

D'autre part, l'apparition de services financiers faciles à appréhender, accessibles instantanément, ajustés précisément aux attentes des consommateurs, dans leur contexte de vie, a toutes les chances de se répandre comme une traînée de poudre. Une fois qu'ils seront proposés à une fraction d'exclus, leurs avantages sur les approches bancaires classiques vont s'imposer et définir une nouvelle norme, à prendre en compte impérativement, ne serait-ce qu'en complément des modes de distribution existants.

Enfin, je ne peux clore ce billet sans m'attarder sur la démarche de Standard Chartered, « nexus » ayant été conçu à partir d'un plan d'affaires imaginé par un de ses employés, qui l'a ensuite fait mûrir dans l'incubateur maison SC Ventures, qui est aujourd'hui à la tête d'une équipe d'une centaine de personnes… et dont on peut supposer qu'il a été inspiré par la stratégie de banque ouverte (vers l'interne) de l'établissement, celle-ci ayant posé les fondations indispensables à la réalisation et à l'industrialisation du projet.

mercredi 11 mars 2020

Kabbage, du crédit au pilotage de trésorerie

Kabbage
Après avoir quasiment inventé, il y a une dizaine d'années, le principe de l'analyse de risque par l'exploitation de données extra-financières, le pionnier du crédit alternatif aux PME Kabbage continue à développer des solutions destinées à leur simplifier la gestion de trésorerie, leur éviter les mauvaises surprises et leur assurer la prospérité.

Parce que, dans le monde hyper-connecté d'aujourd'hui, il devient de plus en plus inconcevable de commercialiser des produits et services bancaires hors contexte, la jeune pousse lance sa nouvelle application Kabbage Insights, qui permet aux responsables de petites entreprises de suivre très facilement les réserves disponibles sur leurs comptes, d'anticiper l'évolution de ces dernières à court terme, de mesurer leurs performances au jour le jour et de prendre de meilleures décisions, en toute connaissance de cause.

La mise en œuvre commence de manière relativement classique : l'internaute est invité à connecter les comptes bancaires de sa société – étape qui se résume à accepter l'utilisation de leur configuration actuelle pour les clients existants. L'outil analyse alors les flux enregistrés au cours des trois mois précédents et établit une prédiction (pondérée) pour les 30 jours à venir. L'ensemble est présenté sous une forme visuelle aisée à appréhender. Pour plus de sécurité, il est en outre possible de définir un seuil (un solde minimal) qui déclenche une alerte dès qu'il risque d'être franchi (à la baisse).

Autre bénéfice, grâce aux données que Kabbage recueille en permanence sur les plus de 220 000 PME et TPE qui recourent à ses services (et qui lui procurent déjà la faculté de partager ses statistiques économiques), les entrepreneurs peuvent comparer leurs indicateurs et leur santé financière avec leurs pairs dans tout le pays, par industrie et/ou par région. On peut d'ailleurs raisonnablement supposer que ces précieuses informations sont également prises en compte pour ajuster les projections de trésorerie.

Kabbage Insights

Avec l'introduction d'Insights, Kabbage veut vraisemblablement d'abord ouvrir un canal d'acquisition de clients. En effet, dans un marché où les solutions de ce genre sont plutôt rares, la mise à disposition, entièrement gratuite, d'un tableau de bord simple est susceptible d'attirer les nombreux responsables d'entreprises qui perdent énormément de temps et d'énergie au pilotage de leur trésorerie. Or, une fois inscrits sur la plate-forme, il ne leur restera qu'un petit pas à faire pour profiter des autres offres.

Car la véritable valeur du dispositif réside dans son intégration intime du crédit. Ainsi, dans le cas où les algorithmes détectent une baisse dangereuse des liquidités dans les comptes, l'application suggère de tirer les fonds nécessaires sur la ligne de crédit pré-approuvée, en un clic (ou presque). Le service (élémentaire) de suivi de la situation financière se complète de la sorte d'une dimension de conseil contextuel, capable d'apporter une solution adaptée, sans aucune rupture de parcours, sans délai.