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samedi 15 février 2020

Environnement : un engagement superficiel ?

Michelmores
Aujourd'hui, il ne reste guère que quelques illuminés pour contester le réchauffement climatique et ses conséquences potentielles sur notre environnement et nos modes de vie. Les jeunes, en particulier, réclament des transformations sociétales, tout en affirmant leur propre engagement. Mais sont-ils vraiment prêts à changer eux-même ?

Les résultats d'une étude britannique commanditée par le cabinet d'avocats spécialisés Michelmores auprès de 500 « millenials » aisés, portant sur leurs comportements financiers, incite à en douter. Car, s'ils y confirment sans ambiguïté leur désir d'aligner leurs investissements sur leurs convictions et leurs valeurs (près de 8 sur 10), ainsi que leur sensibilité à l'impact sur le monde des usages de leur argent (73%), pourquoi ne sont-ils donc que 16% à avoir investi dans des fonds à orientation sociale ou durable ?

Il est certes possible que la méconnaissance ou même la rareté de cette catégorie de produits soit en cause. Ce pourrait même être une justification au début de réponse que fournit la suite de l'enquête, quand elle révèle que la majorité de l'échantillon estime que leur rendement est inférieur à celui des instruments traditionnels et que, pour presque la moitié (48%, exactement), les profits sont prioritaires. La réalité crue est hélas tristement explicite : les grandes intentions ne résistent pas à l'appât du gain.

Les experts, dont ceux de Michelmores, arguent que la perception d'une moindre performance des fonds à impact est fausse, et de nombreuses recherches le confirment. En conséquence, selon eux, il suffirait d'améliorer la communication, en luttant contre les croyances erronées, pour vaincre les réticences des investisseurs. Pourtant, le biais de défiance exposé ici souligne un obstacle majeur, beaucoup plus profond, à toutes les stratégies de transition écologique : l'immobilisme, le plus puissant antidote à l'action.

Millenials, Money and Myths

Reconnaissons immédiatement qu'il serait très mal venu de rapprocher aux représentants des jeunes générations leur ambivalence, qui reste probablement moins grave que la lointaine indifférence de leurs aînés. En effet, changer des comportements encouragés et développés depuis la naissance – le désir de maximiser ses revenus comme la préférence pour les déplacements en voiture ou l'envie de posséder le dernier téléphone à la mode – est une tâche de très longue haleine, qui demande des efforts constants.

Alors, quelle solution ? En considérant que le plus sûr moyen d'induire une rupture dans les pratiques usuelles est de proposer une alternative apportant un bénéfice significatif, il reviendrait aux institutions financières de faire en sorte que leurs produits « responsables » deviennent sensiblement plus attractifs que les autres. Peut-être faudra-t-il envisager de mettre en place des conditions tarifaires plus avantageuses ? Ou bien devra-t-on faire disparaître toutes les autres options des catalogues ?

Bien sûr, ces hypothèses reportent, en grande partie, la charge de la transition sur des organisations qui possèdent elles-mêmes une culture interne difficile à faire évoluer et tout autant contradictoire avec leurs grands discours de façade. Mais toutes les parties prenantes devront convertir leurs paroles en actes pour espérer progresser : les entreprises ne pourront se borner à laisser leurs clients seuls devant leurs choix et ces derniers ne pourront se contenter de critiquer les multinationales et les gouvernements.

vendredi 7 février 2020

CollegeBacker, l'épargne en partage

CollegeBacker
Tandis que la dette étudiante atteint des sommets aux États-Unis (au moins 1 500 milliards de dollars dus par plus de 40 millions de personnes), ses principales victimes, les « millenials », commencent à avoir des enfants et sont fermement décidés à ne pas les laisser s'enferrer dans la même spirale infernale. Alors ils se préparent.

Dans cette perspective, et en parfaite opposition à l'image de frivolité dont ils sont souvent parés, ces jeunes adultes mettent de l'argent de côté afin de contribuer aux futurs frais de scolarité de leur progéniture. Il disposent pour ce faire d'un support ad hoc : le « plan 529 », un produit d'investissement réglementé totalement défiscalisé quand il est affecté à son objectif de financement d'un parcours universitaire. Mais, au-delà de l'outil lui-même, un accompagnement rapproché s'avère également nécessaire.

Telle est la raison d'être de CollegeBacker, une application mobile destinée à encourager les parents à épargner pour l'avenir de leurs enfants (y compris avant leur naissance !). Sa première ambition est de démocratiser (beaucoup de personnes méconnaissant leur droit) et de faciliter la mise en place d'une réserve financière, grâce à un processus d'ouverture de compte rapide (moins de 5 minutes), entièrement sur smartphone, celui-ci constituant, bien sûr, la plate-forme de choix de la génération considérée.

À ce dispositif finalement similaire à n'importe quelle autre solution d'investissement automatisé, CollegeBacker ajoute son arme de séduction massive : les cadeaux. Car sa véritable originalité consiste à permettre à tout un chacun d'apporter son écot aux plans existants. Les membres et les proches de la famille du bénéficiaire ont ainsi la faculté de verser le montant de leur choix à tout moment, remplaçant par exemple la somme d'argent remise lors d'un anniversaire par une participation à l'épargne.

CollegeBacker

D'après les résultats partagés par les fondateurs de la startup, le principe fonctionne exceptionnellement bien. Ils affirment notamment que les familles qui font appel à la générosité de leur entourage collectent beaucoup plus (+43%) de fonds que la moyenne ou encore qu'environ la moitié des utilisateurs (depuis un an ou plus) de l'application ont déjà reçu des cadeaux sur leur compte (contre 1 à 2% pour l'ensemble du secteur). La simplicité d'accès représente donc bien un puissant facteur d'incitation !

Il convient également de souligner que l'approche retenue, via une application gratuite, a en outre un véritable impact sur l'éducation financière des populations. Elle attire en effet une forte proportion d'utilisateurs aux revenus faibles ou modérés, dont les statistiques montrent par ailleurs qu'ils sont généralement peu informés des opportunités qui leur sont offertes afin d'assurer à leurs descendants une éducation de qualité.

L'idée rappelle la déclinaison digitale, en France, du Livret A des Caisses d'Épargne, qui permet, elle aussi, d'inviter des proches à alimenter le compte d'un enfant. Mais, sachant qu'il est ici question d'investissement, où CollegeBacker joue un rôle de robot-conseiller dans la sélection des supports éligibles au « plan 529 », ne pourrait-on pas envisager une extension du concept vers toutes sortes de produits, autorisant les membres d'une communauté (amis, parents…) à s'entraider autour de leur épargne ?